En Zambie, l’énergie solaire passe du statut de complément à celui de levier central de la transition énergétique. Le gouvernement vise une capacité solaire de 2 733 MW d’ici 2031, alors que le pays cherche à réduire les risques liés à un système électrique historiquement dominé par l’hydroélectricité. La sécheresse de 2023-2024 a mis en évidence cette vulnérabilité : lorsque les apports en eau diminuent, la production des barrages est fragilisée et la sécurité énergétique du pays se trouve sous pression.
Cette évolution s’inscrit dans une stratégie de diversification énergétique dont l’objectif est aussi de stabiliser l’approvisionnement des ménages et des entreprises. Publiée le 29 septembre 2026, la trajectoire annoncée donne une mesure de l’ampleur du changement attendu, sans garantir à elle seule que les nouvelles capacités seront construites et raccordées dans les délais. Le défi consiste désormais à transformer les objectifs en centrales solaires opérationnelles, tout en adaptant le réseau à une production renouvelable variable.
Pourquoi la Zambie accélère le solaire face à l’hydroélectricité
La place importante des barrages dans la production électrique a longtemps constitué un atout pour la Zambie. Mais une dépendance concentrée sur une seule ressource expose le réseau aux variations des précipitations : lors d’une sécheresse, la baisse de la disponibilité en eau peut réduire la production au moment même où le pays a besoin d’un approvisionnement fiable.
Le solaire répond en partie à ce risque en diversifiant les sources d’électricité. Il ne remplace pas les infrastructures hydrauliques, mais peut compléter leur production pendant les périodes où les ressources en eau sont moins favorables. Cette logique de complémentarité est au cœur du développement du solaire comme réponse à la dépendance aux barrages.
Un objectif de 2 733 MW solaires d’ici 2031
La cible gouvernementale de 2 733 MW de capacité solaire à l’horizon 2031 donne une direction claire à la politique énergétique. Elle suppose une montée en puissance des projets, des investissements dans les raccordements et une planification permettant d’intégrer cette nouvelle électricité au réseau national.
La trajectoire de rééquilibrage évoquée par les autorités vise également à faire reculer la part de l’hydroélectricité dans le mix, d’environ 85 % à 42 % d’ici 2031. Il s’agit d’un objectif de diversification, et non d’un abandon des barrages : l’enjeu est de limiter le poids d’une seule filière et de rendre la production électrique moins exposée aux aléas climatiques. Le rééquilibrage du mix énergétique zambien place ainsi le solaire au centre de la planification à moyen terme.
| Repère | Élément annoncé | Enjeu pour le système électrique |
|---|---|---|
| Capacité solaire visée | 2 733 MW d’ici 2031 | Accroître la contribution de l’énergie solaire à la production nationale |
| Part de l’hydroélectricité | Objectif de baisse d’environ 85 % à 42 % d’ici 2031 | Réduire l’exposition aux variations hydrologiques |
| Priorité énergétique | Diversification des sources et renforcement du réseau | Améliorer la sécurité énergétique face aux épisodes de sécheresse |
Du projet annoncé à l’électricité réellement disponible
Une capacité inscrite dans un plan ne devient utile qu’une fois financée, construite et connectée au réseau. Pour une exploitation agricole, par exemple, une centrale solaire raccordée peut contribuer à sécuriser l’alimentation d’équipements durant la journée ; son efficacité dépend toutefois de la disponibilité du réseau et de la gestion des périodes sans soleil.
Le calendrier de déploiement devra donc prendre en compte les lignes électriques, les capacités de régulation et les solutions de stockage. Le développement rapide des énergies renouvelables en Afrique, décrit dans cette analyse de l’essor solaire sur le continent, rappelle que la réussite ne se mesure pas seulement au nombre de panneaux installés : elle dépend aussi de la capacité à intégrer leur production au système national.
Les conditions pour faire du solaire un pilier durable
La production solaire varie selon l’heure et la météo. Pour préserver l’équilibre du réseau, la Zambie devra articuler cette ressource avec l’hydroélectricité, les autres moyens de production et des outils capables de mieux gérer les fluctuations. Le stockage peut notamment contribuer à conserver une partie de l’électricité produite en journée pour la restituer lorsque la production solaire baisse.
Le sujet dépasse la construction des centrales : il touche aussi aux règles de raccordement, au financement et à la planification des infrastructures. Les retours d’expérience sur le rôle du stockage dans l’intégration du solaire éclairent l’un des enjeux techniques auxquels sont confrontés les réseaux en transition. Pour la Zambie, la priorité sera de coordonner ces investissements avec la progression de la capacité annoncée.
- Construire et raccorder les centrales solaires afin que les capacités prévues puissent alimenter effectivement le réseau.
- Renforcer les infrastructures électriques pour acheminer la production depuis les sites de génération vers les zones de consommation.
- Combiner les sources renouvelables, en s’appuyant sur la complémentarité entre solaire et hydroélectricité.
- Prévoir la gestion de la variabilité, notamment par le stockage et une planification adaptée aux périodes de forte ou faible production.
La stratégie ne consiste donc pas à substituer une dépendance à une autre. Elle vise à bâtir un système où plusieurs filières peuvent se relayer, afin que la sécheresse ne pèse plus aussi directement sur l’approvisionnement en électricité.
Une transition énergétique qui se jouera dans l’exécution
Le cap des 2 733 MW traduit l’ambition de donner une autre échelle au solaire zambien. Sa portée dépendra toutefois de la concrétisation des projets et de leur intégration dans un réseau capable d’absorber une production variable. Le suivi des centrales en construction, des raccordements et des solutions de flexibilité permettra de mesurer les progrès au-delà des annonces.
Pour les consommateurs et les entreprises, l’enjeu est concret : une diversification réussie doit contribuer à rendre l’électricité plus disponible lorsque les conditions hydrologiques se dégradent. La transition énergétique de la Zambie se jouera ainsi autant dans les infrastructures que dans la capacité à coordonner les investissements et les différentes sources de production.
Questions sur le solaire et l’électricité en Zambie
Quelle capacité solaire la Zambie vise-t-elle d’ici 2031 ?
Le gouvernement cible 2 733 MW de capacité solaire à l’horizon 2031, dans le cadre d’une stratégie de diversification de la production électrique.
Pourquoi la Zambie cherche-t-elle à réduire sa dépendance à l’hydroélectricité ?
La forte dépendance aux barrages rend l’approvisionnement vulnérable aux sécheresses et aux variations des ressources en eau. Le solaire doit compléter l’hydroélectricité et répartir les risques entre plusieurs sources.
Le solaire va-t-il remplacer les barrages zambiens ?
L’objectif est de rééquilibrer le mix énergétique, pas de supprimer l’hydroélectricité. Les deux filières peuvent être complémentaires, sous réserve d’une bonne gestion du réseau.
Quels sont les principaux défis du développement solaire ?
La réalisation des centrales, leur raccordement au réseau, le renforcement des lignes et la gestion de la variabilité de la production sont essentiels pour convertir les objectifs en électricité disponible.